Tu veux devenir un(e) guitariste hors pair? Alors tu dois connaitre ton instrument -ou futur instrument- sur le bout des doigts (tu l’as?). Tu dois connaitre l’anatomie d’une guitare électrique, en quoi chaque partie influe sur ton jeu et ton son. Il n’y a pas de partie pas importante. Je pense pas que tu serais super content si on t’enlevait le bras gauche sous prétexte que t’as un bras droit. Ben c’est pareil : tous les composants d’une guitare électrique comptent. Comprendre leur fonction et leur influence va te permettre de bien choisir tes pelles et d’y apporter les améliorations qui correspondent à ce que tu veux en tirer. C’est parti, regardons en détail l’anatomie d’une guitare électrique!

Voici tous les éléments qui composent une guitare électrique :

  1. Le corps
  2. Le manche & la tête
  3. La touche et les frettes
  4. Les mécaniques
  5. Le sillet
  6. Les micros
  7. Le chevalet
  8. Le trémolo ou whammy bar ou vibrato
  9. L’électronique : potentiomètres, sélecteur de positions, prise jack
  10. Les cordes

1 – Le corps

C’est là dessus que tout est fixé : manche, micros, électronique, chevalet, prise jack, boutons de contrôle. On l’appelle aussi la caisse, suivant comment c’est fabriqué notamment. On fera donc la distinction entre :

  • Une “solid body” ou caisse pleine : un morceau de bois “plein” ou des couches collées pour former une pièce “pleine”
  • Une “semi / hollow body” ou corps creux : le corps est creux par ses caisses de résonance

Le corps est généralement en bois. Ce qui va influer sur le son et le prix sera la qualité et la rareté du bois utilisé. Tu te doutes bien que sur une guitare à 150 balles t’as pas du bois de fou quoi… Certaines marques et luthiers s’amusent à en fabriquer dans d’autres composants. Tu peux trouver des trucs originaux comme une stratocaster transparente en acrylique ou les guitares électriques de James Trussart essentiellement en acier.

Il y a parfois un autre “sous-composant” du corps qui est la table : c’est un morceau de bois plus fin collé sur le dessus du corps. C’est notamment ce qui donne les très jolis dessins sur les Gibson Les Paul. Mais la table n’est pas qu’un accessoire esthétique, elle influe aussi énormément sur la résonance de l’instrument.

Bouton de courroie sur une Stratocaster

C’est sur le corps que tu trouves les boutons de courroie auxquels on vient attacher la sangle. Le positionnement de ces boutons et leur forme est très importante pour que la sangle tienne bien. Il en existe avec des systèmes de verrouillage de la sangle : ça peut valoir le coup sur certains modèles si tu joues beaucoup debout. Typiquement, j’ai fait tomber mon Epiphone Les Paul à cause d’un mauvais maintient de la sangle. Résultat, en urgence chez le luthier pour recoller le manche. Cassée la tirelire.

Enfin, dernière partie à être liée directement au corps est la plaque de protection. Comme son nom l’indique, elle a pour vocation de protéger le corps des coups de médiator (aussi appelé plectre ou pick). C’est un des rares éléments purement esthétique…

2 – Le manche & la tête

Le manche comprend plusieurs parties :

  • Le manche en lui même, dans le quel est inséré le truss rod, une tige de métal qui contrebalance la tension des cordes et permet de régler le manche en le rendant plus concave ou plus convexe ;
  • La touche, qui est collée sur le manche ;
  • La tête.

Tête d’une Stratocaster

Chose notable pour le manche qui ne se voit pas nécessairement au premier coup d’oeil mais a une influence énorme sur le confort de l’instrument, il peut avoir différentes coupes. En particulier certains manches ont un profil en « C » et d’autres en « D ». C’est littéral, cherche pas midi à quatorze heures, on fait référence à la forme de la lettre. Si tu veux acheter une guitare électrique sans savoir précisément quoi, prendre en main différentes pelles peut être déterminant car le profil de manche c’est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Certains vont te convenir, d’autres non.

Le manche peut être raccordé au corps de différentes manières :

  • Vissé : je pense que j’ai pas besoin de te faire un dessin, on visse le manche au corps ;
  • Collé : pareil sauf qu’on a sorti le tube de colle ;
  • Traversant : le bois du manche court alors à travers le corps jusqu’à la base de l’instrument. Le corps est donc assemblé de chaque côté du bois du manche!

Il se termine par la tête, qui vient accueillir le sillet et les mécaniques. Dans la plupart des cas la tête et le manche sont un seul bout de bois, mais il arrive qu’on trouve des têtes collées.

3 – La touche & les frettes

La touche est collée sur le manche. Elle est généralement en bois mais certains fabriquant font des touches dans d’autres matières comme le carbonne et des composites un peu chelou comme la résine Richlite chez Gibson. Quand elle est en bois, tu as sûrement remarqué qu’elle peut être en bois clair ou en bois foncé, et plus précisément :

  • En érable, quand c’est du bois clair. Une touche en érable va donner un son plus cristallin ;
  • En ébène ou en palissandre quand c’est du bois foncé. Cela donnera un son plus chaud et rond.

Touche palissandre et frettes

C’est dans la touche que sont insérées les frettes. Ce sont des tiges de métal en forme de « T » qui permettent tout simplement de jouer des notes (elles font le même travail que le sillet quand on joue les cordes à vide!). Tu verras qu’on parle de frettes « slim » vs. « jumbo » (même parfois extra jumbo). Bon, fondamentalement, c’est pas un truc qui va te déranger avant longtemps. J’ai une gratte avec des slims, toutes les autres en jumbo : il y a une différence de confort et de jeu, mais franchement, ça change pas la face du monde.

4 – Les mécaniques

J’aurais pu les insérer dans le paragraphe sur la tête mais elles sont très importantes et méritent leur petite section!

Mécaniques

Les mécaniques sont les petits engrenages autour desquels on vient enrouler les cordes. Leur qualité est primordiale pour deux raisons :

  • Elles doivent assurer un réglage précis, c’est à dire qu’on ne saute pas une note dès qu’on y touche un peu. Inversement faut pas avoir besoin de faire dix tours pour tomber juste. Autrement l’accordage devient franchement galère;
  • Elles doivent être stables pour ne pas se dérégler et en conséquence désacorder l’instrument.

Ce qui veut dire que si ta guitare électrique est tout le temps désacordée, tu as certainement intérêt à investir dans de bonnes mécaniques!

5 – Le sillet

Le sillet est une petite barrette collée au bout de la touche, là où commence la tête. C’est un tout petit élément qui n’a pourtant rien d’insignifiant puisque c’est sur lui que repose les cordes. Il peut être en plastique, en os ou en métal. Aussi petit soit il, le sillet joue un rôle sur la tenue de note (le fameux « sustain »). Le sustain sera meilleur avec un sillet en métal. Beaucoup de sillets sont en plastique.

Sillet

Petite astuce sur les sillets en plastique : un petit coup de mine « graphite » à l’intérieur des encoches aidera à réduire les frictions de la corde. Cela aidera un peu la tenue de l’accord!

Chose remarquable pour les sillets, tu pourras en trouver avec des « bloqueurs ». C’est le cas sur ma toute première gratte, une Epiphone type « stratocaster » équipée d’un floyd rose (voir la section « trémolo ou whammy bar ou vibrato »). Ces bloqueurs agissent comme un étau et empêchent la corde de bouger dans le sillet quand on écrase le vibrato comme un âne. Cela permet de préserver l’accord (au sens « accordage”).

6 – Les micros

Voilà probablement la partie de la gratte sur laquelle on discute le plus sur les forums de guitare! Les micros, à tort et à raison sont souvent considérés comme la première chose à changer lorsque l’on cherche à customiser un peu sa guitare électrique. A tort parce que ça ne sert à rien de mettre un set de micros à 300 balles sur une guitare à 100 (ça restera une guitare à 100 balles). A raison parce qu’ils ont une influence directe sur le son puisque c’est eux qui sont chargés de le transmettre à l’ampli. Des micros bas de gamme vont donner un son « renfermé » qui manque de définition. Si vous deviez comparer des micros haut de gamme à des micros bas de gamme, ça donne à peut près le même effet que quand on enlève des bouchons d’oreille.

Trois micros simples

Il y aurait beaucoup à dire sur les micros : simple bobinage, double bobinage, type d’aimant utilisé, câblage… Pour faire simple, en poser de meilleurs que ceux posés de série ne fera qu’améliorer votre son (remarque particulièrement valable pour le milieu de gamme où une fabrication correcte gagne à accueillir de bons micros). Pour bien faire les choses, il faut que toute l’électronique soit au niveau. Donc une upgrade des micros s’accompagne souvent d’une upgrade complète de l’électronique (sauf si vous avez déjà une gratte haut de gamme…) : potards, fils électriques (eh oui!), prise jack et sélecteur de positions. Si vous avez payé votre gratte « pas cher », dites vous bien que le fabricant est aller couper dans les coûts un peu partout.

7 – Le chevalet

Voilà une pièce intéressante parce qu’autant le reste des parties d’une guitare électrique sont à peu près standard à quelques caractéristiques près, autant le chevalet peut avoir des conceptions très différentes. Prenons un exemple simple : celui d’un modèle Les Paul vs celui d’un modèle Stratocaster.

Chevalet sur un modèle Les Paul

Sur une Les Paul, le chevalet sera une barre réglable en hauteur sur laquelle tu trouves les pontets sur lesquels reposent les cordes. C’est un chevalet « Tune O Matic ». Sur toutes les guitares électriques, les pontets sont réglables (on avance, on recule, comment veux tu…) pour régler l’intonation. Les cordes, elles, sont insérées dans une autre pièce, plus bas, la “stop bar ». Le chevalet est fixe, la stop bar est fixe.

Chevalet avec système de vibrato

Sur une Stratocaster, le chevalet est couplé au système de trémolo (voir ci dessous). Les cordes passent à l’intérieur des pontets par en dessous avant de venir reposer dessus. Le chevalet est mobile (il est flottant à l’arrière et appuie sur des vis à l’avant), actionnable avec le trémolo. La tension de l’ensemble est contre-balancée à l’arrière du corps par des ressorts. Très, très différent je disais.

La qualité du chevalet est évidemment primordiale, en particulier pour l’accordage, le réglage de l’intonation et le sustain.

8 – Le trémolo ou whammy bar ou vibrato

Voilà un élément qui n’est pas présent sur toutes les guitares électriques. Certains guitaristes ne pourraient pas s’en passer pour développer leur jeu, Steve Vaï en tête. D’autres s’en carrent comme de leur première paire de chaussettes. Pensées à l’ami Slash et ses Les Paul.

Il se présente sous la forme d’un ensemble chevalet & petite barre coudée fixée au chevalet. Quand on la pousse vers le bas, le chevalet remonte ce qui « désacorde » l’instrument et permet de créer des effets comme des vibratos ou des dive bombs (penser : Van Halen, Eruption). Suivant sa structure et son réglage, on peut aussi la tirer et créer un petit désacord vers le haut, en gagnant un demi ton ou un ton.

Les ressorts d’un système de vibrato

Perso je ne l’utilise pas. Mais suivant le style de jeu qui te plait et les guitaristes qui t’inspirent, il peut être indispensable.

9 – L’électronique : potentiomètres, sélecteur de positions et prise jack

Eh voilà encore une partie de la gratte qui n’a l’air de rien et qui est pourtant très importante. Ca te casse les burnes quand t’essaies de changer tes micros avec le sélecteur de positions et que ça crache, que ça coupe, voir qu’il y’a pas de son, hein? Merci l’électronique pourrie.

Prise jack

Ca peut venir de plein de choses : mauvaises soudures, mauvaise qualité, circuits encrassés… C’est la même chose avec une prise jack de mauvaise qualité et ou mal soudée (généralement ça va de paire). La qualité des métaux utilisé est importante, tout comme la qualité des soudures. Bref, ouais. Tout compte. Même la qualité des fils électriques puisque ce sont eux qui conduisent le signal… électrique. Avouons que sur une guitare… électrique, ça a son importance.

Un sélecteur de positions et des potards (dont un que j’ai enlevé parce qu’il me gène haha)

Souvent oubliés : les potentiomètres, affectueusement surnommes « potards ». Un potard de bonne qualité va te permettre de régler précisément le volume et la tonalité. Tu vas pouvoir trouver des nuances intéressantes, moduler l’intensité de ton jeu. Par contre un potard de mauvaise qualité c’est limite on/off : soit t’as pas de son, soit t’es à fond. Y’a pas franchement d’entre-deux ou alors c’est crade. J’ai compris à quoi ça servait le jour où j’ai remplacé mes potentiomètres de série sur mon Epiphone Les Paul Custom par des potards sélectionnés et câblés par un luthier. Grande révélation.

10 – Les cordes

Je termine par les cordes qui est ce qu’on change le plus sur une guitare électrique. Si tu les a jamais changées, c’paaaaas bieeeeeen! C’est presque « pas un élément de la gratte » tant on les change et tant on les adapte à son jeu. C’est un vrai consommable. Les cordes ont un article à part entière. Il en existe des tonnes avec des caractéristiques différentes : matière, tension, finition, couleur… Pour le coup, c’est vraiment une affaire de goût. Je ne peux que t’encourager à expérimenter. Tester différents tirants et finitions, c’est pas la ruine. Par contre attention : si ta guitare électrique était livrée en 9-42 (comme pas mal de grattes) et que tu montes du 10-52 pour voir ce que ça fait les tirants un peu plus costauds, un réglage de l’instrument va être nécessaire!

Voilà, on a fait le tour! Cette mini encyclopédie anatomique t’a été utile? Alors partage cet article et raconte-nous ta vie en commentaires! Des questions? Des tomates à me jeter parce que j’ai dit une connerie? Vas-y balance!